Les prix faramineux des billets de vol en Afrique, c'est dû à quoi?

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Pourquoi faut-il très souvent payer plus cher pour se rendre en Afrique que pour traverser un autre continent ?
Et pourquoi voyager d’un pays africain à un autre coûte parfois autant qu’un vol intercontinental ? 

 

Ces questions reviennent régulièrement chez les voyageurs, mais aussi chez les professionnels du transport aérien.
Par exemple, côté vols intercontinentaux, Dakar - New York (A/R) coûte  ~$1 000–2 000 pour 6150 km, alors que Paris - New York (A/R) demande  typiquement €350–€1 000 pour presque une distance 5 800 km.

Niveau vols continentaux, c'est pareil. Par exemple Lagos-Accra coûte ~200 € en moyenne, par contre Paris - Berlin ne coûte que quelques dizaines d'euros, pour une distance deux fois plus longue.

Derrière ces tarifs élevés se cachent des réalités économiques, politiques et opérationnelles complexes. Comprendre ces raisons permet non seulement de mieux lire le marché africain du transport aérien, mais aussi d’ouvrir le débat sur les réformes nécessaires pour rendre la mobilité plus accessible sur le continent.

 

Voici quelques raisons pour lesquelles les billets d’avion vers l’Afrique ou à l’intérieur du continent sont souvent plus chers que pour d’autres régions.

 

Faible concurrence

Beaucoup de routes africaines sont opérées par 1 à 3 compagnies maximum, parfois même par un seul transporteur (le cas de la ligne directe Casablanca-Ouagadougou par exemple, monopolisée par Royal Air Maroc).
Pourtant, moins de concurrence ça fait des prix plus élevés.

 

Peu de vols directs et réseaux limités

Le nombre de vols internationaux vers l’Afrique reste relativement faible par rapport à l’Europe, l’Amérique ou l’Asie.
S'il y a moins de fréquence de vols, il y a moins d'offres et donc les prix sont plus élevés.
Par ailleurs, beaucoup de lignes demandent des correspondances, ce qui augmente encore plus les coûts.

 

Taxation et redevances aéroportuaires élevées

De nombreux aéroports africains imposent des taxes plus élevées : sécurité, sûreté, infrastructure, taxes d’État, etc.
Il est important de noter que très souvent 20 à 40 % du prix d’un billet d'avion est constitué de taxes. Il est donc naturel de voir les prix gonflés si les taxes sont à la hausse.

 

Coûts opérationnels élevés

Le carburant peut coûter plus cher dans plusieurs pays africains. Le coût de maintenance, le manque de pièces disponibles localement et parfois l’absence de hangars certifiés restent des facteurs qui augmentent l’exploitation.

 

Marché plus petit et demande irrégulière

La demande est moins constante que dans d’autres régions. Il faut l'admettre, voyager en avion est toujours perçu comme du luxe dans beaucoup de régions en Afrique. Conséquence, les volumes de passagers sont nettement plus faibles et ne permettent pas d’économies d’échelle.

 

Manque d’intégration aérienne intra-africaine

Ce qui est déplorable c'est le manque d'intégration. Certaines initiatives commencent à naître, mais encore pas pleinement appliquées (la politique Open Skies africaine de Yamoussoukro par exemple).
En résultat, il y a plus de restrictions sur les droits de trafic et moins de routes. Les compagnies nationales sont protégées entraînant moins de concurrence. Au Maroc par exemple, les vols à l'intérieur du pays sont réservés uniquement à la compagnie nationale, la RAM.

 

Les billets d’avion en Afrique restent chers à cause d’une faible concurrence, de taxes élevées, de coûts opérationnels importants et d’une connectivité limitée. Même pour des trajets courts, les prix dépassent souvent ceux observés sur d’autres continents. Rendre l’aviation africaine plus accessible passe par plus de concurrence, de meilleures infrastructures et une meilleure intégration régionale.

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